Vite, vite au vert !

Oubliées les frustrations de l’attestation de déplacement dérogatoire ! Vive la liberté de flâner au grand air, par monts et par vaux, pour nous ressourcer, nous émerveiller, renouer avec tout ce qui nous a manqué durant les longs mois de confinement.

Le voici maintenant le temps de la balade dans la nature luxuriante de la montagne pour dérouiller nos corps et dépolluer notre esprit de tout ce qui l’a inquiété durant la pandémie. Sédentaires par obligation ces derniers mois, prenons les routes d’un pèlerinage connu ou insolite pour contempler les merveilles offertes gratuitement par la nature ou inscrites sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Qu’il s’agisse d’un col de montagnes mythiques ou des vestiges d’un monastère médiéval, partout le ressourcement est garanti. Et si d’aventure il nous arrivait de frapper à la porte d’un monastère, la prière partagée et l’hospitalité offerte soulageront nos corps en poussant nos cœurs à se désencombrer.

Ouvrons-nous d’abord à l’inattendu qui fait le charme des rencontres dont on reparle le plus au retour des voyages. N’oublions pas qu’à force de répéter les gestes barrière et de distanciation sociale, nous avons trop cédé à l’illusion du contrôle. Or, nous avons survécu au confinement grâce à la simplicité. C’est elle qui nous a fait apprécier les humbles réalités de la vie dont nous n’avions plus la jouissance : le chant des oiseaux, le sourire des voisins, la gentillesse de la caissière au supermarché du coin. Que ce fut merveilleux de nous dessaisir de nos oripeaux !

Vite ! Gagnons nos lieux de villégiature, nos campings et les bords de mer. Partout où des vacances-citoyen nous appellent. Et là, plus question de jeter nos vêtements ou nos chaussures n’importe où dans la nature. Nous souvenant que nous nous sommes contentés de bien peu pour triompher des premiers jours du confinement, nous repousserons au loin le démon du gaspillage. Nous lui opposerons l’entraide mutuelle, ou carrément l’engagement dans une association de lutte contre la pauvreté.

Et chemin faisant, contemplant du haut des sommets ce qui est beau en nous et autour de nous, nous emprunterons la voie de la conversion écologique à laquelle nous invite le Pape François. En nous émerveillant chaque jour du bien que nous recevons de ceux qui nous entourent, en réfléchissant avec eux sur la fragilité du monde et la nôtre, nous nous ouvrirons les portes de l’éternité dont parle l’encyclique Laudato Si’ : « La vie éternelle sera un émerveillement partagé, où chaque créature, transformée d’une manière lumineuse, occupera sa place et aura quelque chose à apporter aux pauvres définitivement libérés »[1]

Un bel été à tous. Plein de surprises et offrant le repos à toutes vos familles, où les anciens et les plus jeunes rivaliseront d’initiatives pour immortaliser la gratuité des rencontres et fêter la liberté retrouvée !

Père Benoît Hagenimana
Doyen de Villejuif

[1] N° 243

Cet article du P. Benoît constitue la première page du numéro En Bref spécial vacances distribué dans les paroisses de Villejuif le 5 juillet.

On trouvera ici cet En Bref été 2020