Devant le péril d’une famine à Jérusalem, les Actes des Apôtres nous racontent comment, aux premiers temps de l’Eglise, Paul organisa à Antioche une collecte : « les disciples décidèrent d’envoyer des secours, chacun selon ses moyens, aux frères qui habitaient en Judée. C’est ce qu’ils firent : ils envoyèrent leurs dons aux Anciens de l’Eglise, par l’intermédiaire de Barnabé et de Saul ». (Actes des Apôtres, 11,27-30)

Aujourd’hui encore, la solidarité à l’intérieur de l’Eglise n’est pas un vain mot et elle s’exprime de plusieurs manières.

Il y a d’abord la contribution diocésaine qui permet une péréquation entre secteurs pastoraux ayant des populations plutôt aisées et donc des revenus assez réguliers et d’autres secteurs avec un budget plus difficile à équilibrer, les premiers payant plus pour que les seconds puissent, avec moins de moyens, mener à bien, eux aussi, leurs projets pastoraux.

Il y a ensuite la caisse de solidarité qui permet, chaque année, de donner un coup de pouce à telle ou telle paroisse qui a du mal à financer l’un ou l’autre de ses projets.

Il y a enfin, récemment mis en place, le système Barnabé (voir plus haut l’épisode raconté dans les Actes des Apôtres) qui fait jouer la solidarité entre paroisses en les mettant en « vis-à-vis » : une paroisse qui aurait de la trésorerie pourrait décider d’aider une paroisse qui a un projet pastoral validé, mais peu ou pas de trésorerie.

C’est ainsi, par exemple, que les travaux d’aménagement de l’accueil à Ste Colombe de Villejuif sont financés dans leur quasi totalité par une subvention accordée par la paroisse St Saturnin de Nogent-sur-Marne et que la paroisse de Cachan a fait un don de 10.000 € à la paroisse St Cyr-Ste Julitte de Villejuif pour participer aux travaux de la maison interparoissiale (aménagements de la salle de la Cascade).

Nés en 1931 de l’initiative du Cardinal Verdier, les Chantiers du Cardinal voulaient prendre acte de la nouvelle situation créée par le vote, en 1905, des lois dites de séparation des Eglises et de l’Etat qui, entre autres dispositions, interdisaient désormais à l’Etat et aux communes de construire des lieux de culte. Il s’agissait donc – et il s’agit toujours – pour cette institution d’organiser le financement et la construction de nouvelles églises, en collectant des fonds dans les paroisses (grâce aux célèbres « carnets de bâtisseurs ») et en fédérant des talents divers (architectes et artistes).
Dans le contexte de 1931, cela devenait d’autant plus nécessaire qu’avec l’explosion démographique de la région parisienne les petits villages de la banlieue devenaient de véritables villes, où se pressaient ceux qui arrivaient d’ailleurs, de province ou de l’étranger.

Dès 1934, les Villejuifois bénéficièrent du dynamisme des Chantiers qui réalisèrent, pour les quartiers Nord de la ville, la chapelle Ste Thérèse, avant qu’elle ne devienne église paroissiale en 1949.

Cinq ans plus tard, en des temps difficiles, les Chantiers firent encore à Villejuif le pari de l’avenir. C’est ainsi qu’en 1939 fut décidée la construction d’une chapelle de secours couvrant l’ensemble Vitry Villejuif alors en pleine urbanisation. Ce petit sanctuaire, dédié à Notre-Dame des Apôtres, fut consacré en 1941 comme la 108ème réalisation des Chantiers du Cardinal et les Villejuifois sont heureux de s’y retrouver chaque samedi soir ainsi que pour diverses cérémonies à effectif limité.

Nous sommes encore reconnaissants aux Chantiers d’avoir décidé, en 1966, puis réalisé la construction d’une « véritable » église accolée à l’ancienne cabane de planches qui, avant la guerre de 1939, servait de chapelle au Père Christian Roussin et aux habitants du quartier de Sainte-Colombe.

Ce sont encore les Chantiers qui intervinrent, dans les années 1974 pour la construction du centre interparoissial de la ruelle au Puits.

Les Villejuifois savent donc tout ce qu’ils doivent à la solidarité des Catholiques d’Île-de-France et à l’Œuvre des Chantiers du Cardinal. Aussi ont-ils à cœur de se montrer généreux lors de leur collecte annuelle.

Dans notre diocèse, une rénovation est en cours : LA MAISON DE MADELEINE DELBREL (94) SERA INAUGURÉE LE 15 MAI 2020

https://www.chantiersducardinal.fr/actualites-des-projets/madeleine-delbrel-ivry.html

Ce sont des quêtes supplémentaires effectuées certains dimanches à la sortie des messes dans toutes les paroisses d’un même diocèse pour répondre à un besoin spécifique de l’Eglise au niveau universel ou au moins régional : quête pour la mission universelle de l’Eglise, pour les aumôneries d’hôpitaux, pour l’Institut Catholique de Paris, pour le Secours Catholique, pour les séminaires, etc.

Nombreuses sont ainsi les occasions (en dehors des périodes de congés scolaires, c’est pratiquement un dimanche sur deux !) qu’ont les communautés locales de montrer que leurs difficultés propres et la faiblesse de leurs moyens n’ont pas trop altéré leur sens de la communion fraternelle ni rétréci leur vision de l’Eglise et de sa mission.